Description du site

Le site médiéval du Castet est un ensemble fortifié bien conservé.
Il est organisé en 3 parties distinctes :
le château, le village intra-muros et le village extra-muros.

Le château

Le château, appelé aussi réduit défensif, est la partie seigneuriale qui domine l’ensemble du site. L’édifice le plus ancien est le donjon, il remonte à la fin du XIIe – début du XIIIe s. Situé au point le plus haut, il est entouré d’une enceinte ovale édifiée en plusieurs temps, dont le plan final occupe une superficie d’environ 500 m². Dans le château, deux logis seigneuriaux sont édifiés de part et d’autre de la tour au XIVe s.

2017
2011
2011 2017

 

2019
2017
2017 2019
Restes du rempart du château comtal, avec sa tour de flanquement pleine circulaire à droite. La partie plus claire correspond à un pan remonté en 2018

Autour du château, s’étend le village castral, composé de 68 fonds de bâtiments. Il est en partie protégé par une grande enceinte fortifiée de près de 300 mètres de long. Dix ans de prospections archéologiques ont été nécessaires pour en définir les limites, tant la végétation était dense et le village étendu. Celui-ci couvre une superficie totale d’environ 17 500 m², divisée en deux zones :

  • Le village intra-muros (5 000 m²), situé à l’intérieur de l’enceinte fortifiée, directement lié au château.
  • Le village extra-muros (12 500 m²), plus vaste, s’étire sur le flanc sud/sud-est de la colline.

Le village intra-muros

L’urbanisme du village est typique des sites castraux : les maisons sont regroupées au pied du château, en relation directe avec lui. Une première couronne de 21 bâtiments, intégrée à l’enceinte, forme le village fortifié ou intra-muros. Les bâtiments forment un alignement presque continu établi sur une rupture de pente naturelle. Ils se répartissent en trois îlots linéaires, accessibles par des entrées en chicane dans le rempart, protégées par des entrées fortifiées (barbacane). Les bâtiments et le rempart n’ont pas tous été construits en même temps : la majeure partie est antérieure à l’enceinte, et seuls quelques-uns lui sont postérieurs. Cela signifie que l’enceinte est créée tardivement dans l’évolution urbaine du village, peut-être après le début de la guerre de Cent Ans, vers le milieu du XIVe s.

Le village extra-muros

Situé plus bas sur la colline, il se développe de part et d’autre du chemin d’accès principal. Les 47 bâtiments reconnus se répartissent en trois îlots et forment un ensemble comparable à un faubourg. Depuis la voie d’accès principale, les îlots sont desservis horizontalement par un réseau de venelles, tandis que des rampes relient dans la pente les terrasses entre elles. Les îlots se constituent progressivement, avec l’adjonction de maisons qui s’intercalent entre celles plus anciennes. Ces îlots se remarquent par leurs tracés et leurs limites irréguliers. Un dernier îlot montre en revanche des bâtiments de plan et de superficies semblables, répartis sur des terrasses régulières. Il s’agit certainement d’un cas d’allotissement, correspondant à une création de quartier à un moment précis, offrant un plan ordonné et régulier.

Le pied de l’habitat extra-muros est occupé par un espace ouvert et plat, dont la vocation collective pour la communauté semble avérée, mais dont les détails de l’occupation restent à déterminer. Il sert probablement de place avec la présence d’artisans (forge, maréchal ferrant, etc.), de commerces (boulanger, boucher, bourrelier, etc. ?) et d’écuries. Peut-être pour des marchés avec des marchands ambulants. Il est possible aussi qu’il s’y tienne des marchés ou des foires. Peut-être un peu toutes ces activités. Les deux autres enclos encore en dessous seraient peut-être à mettre en lien avec le parcage d’animaux (chevaux, mules, etc., voire du bétail tels des troupeaux de brebis) ?

Sur le flanc de la colline, fond de maisons de la partie basse de l’ancien bourg

Des vestiges fugaces

Les vestiges des habitats, souvent effondrés, ne laissent entrevoir que des amas de pierres et des bases de murs. Cependant, il est possible de reconstituer leur plan et leur superficie qui varie de 13 à 103 m². Certains murs, encore debout jusqu’à deux mètres de hauteur, pourraient correspondre à des niveaux aveugles comme des caves ou des celliers. Les constructions sont le plus souvent adaptées au terrain en pente et au relief rocheux, et s’alignent sur des terrasses étagées. Entre les bâtiments, certains espaces ne font apparaître aucun vestige. Ils reçoivent pourtant des bâtiments légers entièrement en matériaux périssables pouvant servir de granges, d’ateliers, ou toutes sortes d’annexes aux maisons. Il est intéressant de noter que les maisons comportant de la pierre se situent à proximité de la voie principale, tandis que les annexes, plus légères, sont en retrait en profondeur dans les îlots.

À son apogée, le bourg devait comporter plus d’une centaine de bâtiments, ce qui constitue pour l’époque un pôle d’habitat conséquent.

Enfin, remarquons que les archives du XVIIIe s. mentionnent l’existence d’une chapelle sur le site, mais son emplacement précis n’a pas encore été identifié.

Interprétation
Plan
Plan Interprétation
Vue aérienne du château lors de la consolidation de la brèche dans le rempart ouest

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